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Battlefield 6 Saison 2, des efforts visibles mais toujours pas le décollage attendu

Battlefield 6 Saison 2, des efforts visibles mais toujours pas le décollage attendu

par Dany
📖 4 minutes de lecture (667 mots)

Il y a quelque chose d’étrangement familier avec Battlefield ces dernières années. Chaque nouvelle saison arrive avec la promesse implicite que cette fois, c’est la bonne, que le jeu va enfin retrouver ce mélange unique de chaos organisé, de teamwork improvisé et de moments absurdes qui ont construit la légende de la série. La Saison 2 de Battlefield 6, récemment analysée par NoFrag, s’inscrit exactement dans cette dynamique. Oui, il y a des améliorations. Oui, le jeu progresse. Mais non, cela ne suffit toujours pas à faire oublier les problèmes de fond.

Pour comprendre la réception actuelle, il faut replacer Battlefield 6 dans son contexte. Développé par DICE et publié par Electronic Arts, le jeu devait marquer le grand retour du FPS militaire sandbox après un Battlefield 2042 largement critiqué à sa sortie en 2021. Depuis, EA a adopté une stratégie live service classique, saisons régulières, nouvelles cartes, équilibrages, contenus progressifs destinés à reconstruire la confiance des joueurs. La Saison 2 continue ce travail de réparation. On y trouve du contenu supplémentaire, quelques ajustements de gameplay, des améliorations techniques et un rythme de jeu légèrement mieux maîtrisé. Sur le papier, tout semble aller dans le bon sens.

Le problème c’est que Battlefield ne souffre plus seulement d’un manque de contenu. Il souffre d’un manque d’identité claire. Les nouveautés ajoutées ne transforment pas réellement l’expérience. Elles améliorent un jeu existant sans répondre à la question centrale, qu’est ce que Battlefield veut être aujourd’hui. Historiquement, la série reposait sur un équilibre précis entre accessibilité arcade et simulation militaire légère, avec une emphase forte sur la destruction, la coopération et les grandes batailles émergentes. Dans Battlefield 6, cet ADN apparaît encore fragmenté. Certaines parties fonctionnent très bien, le gunplay gagne en solidité, le ressenti des combats s’améliore, mais l’ensemble donne toujours l’impression d’un projet en reconstruction plutôt que d’un jeu pleinement assumé.

C’est probablement ce qui explique la réaction mitigée d’une partie de la communauté. Les joueurs ne demandent plus seulement des patchs ou des cartes supplémentaires. Ils veulent retrouver ce sentiment Battlefield, celui des moments imprévisibles qui naissaient naturellement du design du jeu. Une escouade improvisée qui renverse une partie, un bâtiment qui s’effondre au mauvais moment, un pilote inconnu qui sauve une équipe entière. La Saison 2 apporte des corrections, mais elle ne recrée pas encore cette magie systémique. Et dans un marché FPS devenu extrêmement compétitif, entre Call of Duty toujours ultra calibré, les shooters tactiques en pleine montée et les expériences free to play massives, Battlefield ne peut plus se contenter d’aller mieux. Il doit redevenir indispensable.

Il faut aussi reconnaître que la situation actuelle reflète un problème plus large de l’industrie. Les jeux live service ne sortent plus vraiment terminés, ils évoluent publiquement sous les yeux des joueurs. Battlefield 6 ressemble presque à un accès anticipé à grande échelle, sauf qu’il porte le poids d’une licence historique. Quand un nouveau studio lance un projet imparfait, la communauté accepte plus facilement l’évolution progressive. Quand il s’agit d’une franchise vieille de plus de vingt ans, l’exigence est différente. Battlefield ne lutte pas seulement contre ses concurrents, il lutte contre ses propres souvenirs, ceux de Battlefield 3 ou Battlefield 4, encore considérés par beaucoup comme des références du FPS multijoueur.

Au final, la Saison 2 montre que DICE travaille dans la bonne direction. Le jeu est objectivement meilleur qu’à son lancement, plus stable, plus cohérent, plus agréable à jouer. Mais l’impression persistante reste celle d’un chantier ouvert. Battlefield avance, corrige, ajuste, mais n’a pas encore retrouvé cette évidence qui faisait qu’on lançait une partie sans réfléchir, juste parce que c’était Battlefield. Peut être que la série traverse simplement sa transition générationnelle, celle où une licence doit redéfinir sa place dans un paysage vidéoludique qui a profondément changé. Pour l’instant, la Saison 2 donne envie d’y croire, mais elle rappelle surtout que reconstruire une identité perdue prend beaucoup plus de temps qu’ajouter du contenu. Et dans un FPS multijoueur, le temps est souvent l’ennemi le plus difficile à combattre.