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CORDURA : cet extraction shooter horrifique qui mélange paranoïa et coopération

CORDURA : cet extraction shooter horrifique qui mélange paranoïa et coopération

par Dany
📖 5 minutes de lecture (806 mots)

Un extraction shooter… mais version parano totale

Les extraction shooters sont partout ces dernières années. Entre Escape from Tarkov, Hunt: Showdown ou encore les projets à venir, le genre commence à bien se structurer. Mais comme souvent, ce sont les petites variations qui rendent les choses intéressantes. Et CORDURA arrive justement avec une idée simple mais terriblement efficace : et si le danger ne venait pas seulement de l’environnement… mais aussi de votre propre équipe ?

Le jeu se présente comme un FPS coopératif horrifique où jusqu’à quatre joueurs doivent explorer des environnements générés procéduralement, récupérer des ressources et réussir à s’extraire vivants. Jusque-là, rien de révolutionnaire. Sauf que CORDURA ajoute une couche psychologique assez malsaine : la nuit peut littéralement imiter vos coéquipiers. Et là, forcément, tout change.

Une mécanique centrale basée sur la confiance… et la méfiance

Le cœur du gameplay repose sur la communication et la coordination. Chaque joueur a un rôle, un point de vue, et doit collaborer pour progresser dans des environnements labyrinthiques. Mais contrairement à un jeu coop classique, ici la confiance devient une ressource fragile.

Le chat vocal de proximité joue un rôle clé. Vous devez parler pour vous organiser, vous coordonner, vous retrouver. Mais le jeu introduit une idée brillante : cette communication peut être utilisée contre vous. Une entité inconnue peut imiter les joueurs, leurs voix ou leurs comportements, créant un doute constant sur ce qui est réel… et ce qui ne l’est pas.

Résultat : même en étant à quatre, vous n’êtes jamais vraiment en sécurité.

Une direction artistique qui fait mouche

Ce qui ressort immédiatement de CORDURA, c’est son ambiance visuelle. On est sur des environnements victoriens sombres, presque gothiques, avec des jeux de lumière très marqués et une atmosphère oppressante. Pas besoin de jumpscares à outrance : tout repose sur la tension.

Le jeu semble jouer intelligemment avec les ombres, les silhouettes et les distances de visibilité. On distingue mal les formes, on hésite, on doute. Et c’est exactement ce qu’il faut pour renforcer le côté psychologique de l’expérience.

On est clairement plus proche d’un Phasmophobia ou d’un Lethal Company dans l’intention, mais avec une direction artistique plus travaillée et plus “cinéma d’horreur classique”.

Entre extraction shooter et survival horror

CORDURA ne se contente pas d’ajouter de l’horreur à un FPS classique. Il mélange réellement deux genres. D’un côté, on retrouve la structure extraction shooter : entrer, explorer, récupérer des ressources, sortir vivant. De l’autre, on a une pression constante liée à la survie mentale et à la peur.

Le jeu introduit d’ailleurs une mécanique intéressante autour de la santé mentale. Plus vous perdez vos repères, plus la réalité devient floue. Et plus vous êtes vulnérable aux illusions… ou aux imitations.

C’est là que le jeu devient vraiment malin. Il ne s’agit pas seulement de survivre physiquement, mais aussi de garder le contrôle.

Le premier jeu de Garage51… et déjà une vraie prise de risque

Autre point important : CORDURA est le tout premier jeu du studio Garage51. Et clairement, ils n’ont pas choisi la facilité. Là où beaucoup de nouveaux studios commencent avec des concepts plus simples ou déjà éprouvés, Garage51 tente directement quelque chose de plus expérimental.

Mélanger extraction shooter, horreur psychologique et mécanique de méfiance entre joueurs, ce n’est pas anodin. C’est même assez audacieux pour un premier projet. Mais c’est aussi ce qui rend le jeu intéressant. On sent une vraie volonté de proposer une expérience différente, plutôt que de copier ce qui fonctionne déjà.

Et dans l’écosystème actuel des jeux indés, ce genre de pari peut soit passer totalement inaperçu… soit devenir un énorme succès surprise.

Une approche coop qui casse les habitudes

Dans la plupart des jeux coopératifs, les joueurs apprennent à se faire confiance, à optimiser leur communication, à devenir une équipe solide. CORDURA prend cette logique et la retourne complètement.

Ici, plus vous communiquez, plus vous vous exposez. Plus vous vous regroupez, plus le risque de confusion augmente. Et plus vous progressez, plus la pression monte.

C’est une approche assez rare, et franchement rafraîchissante. On sort du schéma classique “jouer ensemble pour gagner” pour entrer dans quelque chose de plus ambigu, plus nerveux, presque malsain.

Un potentiel énorme… mais un équilibre à trouver

Comme souvent avec ce type de concept, tout va dépendre de l’exécution. L’idée est excellente, mais elle repose sur un équilibre fragile. Trop d’horreur, et le jeu devient frustrant. Pas assez, et la mécanique d’imitation perd tout son intérêt.

Même chose pour la répétitivité. Les cartes procédurales apportent de la variété, mais le gameplay devra réussir à se renouveler pour éviter l’effet “on a déjà vu ça” après quelques sessions.

Mais sur le papier, CORDURA coche beaucoup de cases. Et surtout, il propose quelque chose de différent dans un genre qui commence à tourner en rond.