John C. Dvorak, célèbre chroniqueur et pionnier du journalisme informatique, s’est éteint à l’âge de 80 ans ce 20 juillet 2026. Si son nom reste à jamais gravé dans l’histoire de la presse tech, c’est autant pour son immense contribution à la vulgarisation de l’informatique que pour ses prédictions mémorables… qui ne se sont presque jamais réalisées.
Avant de devenir la « bête noire » affectueuse des fans d’Apple, Dvorak fut l’une des voix les plus respectées de l’ère du PC. Pendant des décennies, sa chronique dans PC Magazine a été une lecture incontournable pour quiconque s’intéressait à l’industrie naissante de l’informatique personnelle. Avec un style direct, souvent cynique mais toujours captivant, il décortiquait les tendances, critiquait les géants de la Silicon Valley et n’hésitait jamais à dire tout haut ce que personne n’osait murmurer.
Un talent unique pour se tromper sur Apple Mais pour beaucoup, et en particulier pour les observateurs du monde Mac, Dvorak restera celui qui s’est trompé avec un aplomb légendaire. Le titre de l’article de MacGeneration résume parfaitement la situation : sa propre disparition est bien l’une des rares choses qu’il n’aura pas prédites avec fracas.
Rappelons pour le sourire quelques-unes de ses “perles” historiques :
-
En 1984, il doutait de l’utilité de la souris, estimant que personne ne voudrait lâcher son clavier.
-
Dans les années 90, il recommandait purement et simplement à Apple d’abandonner la fabrication d’ordinateurs.
-
En 2007, il signait un papier resté célèbre conseillant à Apple d’abandonner l’idée même de l’iPhone, craignant que cela ne ruine l’entreprise.
Ses critiques régulières envers la firme de Cupertino étaient devenues un gag récurrent, une sorte de boussole inversée : si Dvorak prédisait un échec cuisant, c’était le signe avant-coureur d’un immense succès commercial.
De l’écrit à la voix : l’ère du podcast Il serait toutefois injuste de le résumer à ses erreurs d’appréciation sur Apple. Dvorak a su se réinventer avec brio. En co-fondant le podcast No Agenda avec Adam Curry, il a prouvé qu’il savait non seulement s’adapter aux nouveaux médias qu’il analysait, mais aussi rassembler une large communauté d’auditeurs fidèles autour de ses analyses sociétales et médiatiques, bien au-delà de la simple tech.
Commentaires
Connecte-toi pour partager ton avis sur cet article.
Se connecter